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Black Hole : Prologue

BLACK HOLE LE RECIT – PROLOGUE

 

Observatoire de Green Bank Virginie occidentale USA

Samedi 24 mars, 01h 17

Mike posa sa tasse de café sur un gros listing et rassembla précipitamment les autres documents. Il prit le tout et sortit de la salle du calculateur. Il marchait rapidement dans le couloir, une goutte de sueur lui perlait sur le front.

– Et merde !… quel con !

La tasse de café avait fait une auréole brunâtre sur le listing et celle-ci masquait une partie des données. Il allait devoir présenter la découverte la plus fabuleuse du siècle avec ce torchon. Pas le temps de le ressortir, il était trop excité et trop impatient de montrer ça à Bob. Il était sûr qu’il ne le croirait pas et qu’il lui demanderait sûrement de tout revérifier mais il avait déjà tout revérifié … et revérifié. Pas de doute, c’était là !

Il entra sans frapper dans le bureau de Bob qui leva vivement les yeux de son écran d’ordinateur et se trouva submergé par un flot de paroles dont il ne comprit pas grand-chose.

– Eh ! Oh ! Calme-toi … je ne comprends rien ! Répète plus lentement ce que tu viens de me dire !

– Une anomalie gravitationnelle ! Arrivée je ne sais pas comment ! Je ne comprends pas pourquoi on ne l’a pas vu avant ! Je sais … c’est incroyable mais j’ai revérifié, tout est là.

Il lui tendit le listing souillé. Bob le parcourut tout d’abord lentement puis de plus en plus frénétiquement. Il leva les yeux en s’écriant : « Putain mais c’est énorme ! »

Samedi matin 11h

Le responsable du centre n’aimait pas être appelé le week end. Qu y avait-il de si urgent qui ne puisse pas attendre lundi ? Assis profondément dans son fauteuil il relisait le rapport des observations. Il était bien moins emballé que ses deux collègues.

– Effectivement c’est très surprenant, mais ça pouvait attendre lundi. Il y a beaucoup à vérifier et Wermer n’a pas été informé.

– Si, il va arriver, c’est pour cela qu’on vous a demandé de venir.

– Quoi! vous l’avez réveillé en pleine nuit ? vous lui avez transmis ça ?

– Bien sûr, il veut être au courant de tout ce qui sort de l’ordinaire peu importe l’heure ou le jour.

– Qu’est-ce qu’il a dit ?

– Rien… juste j’arrive.

Il s’enfonça un peu plus dans son fauteuil. Son week end était fichu. Wermer avait été envoyé par le département d’état il y a près de 2 ans. On ne le voyait pas souvent mais il voulait être tenu au courant de tout. On ne savait pas exactement pourquoi il était là, mais cela avait surement rapport avec les signaux radio captés en provenance de cette région de l’espace depuis plus de vingt ans.

– Vous pensez que ça a rapport avec les signaux ?

– surement, il n’a pas eu l’air surpris, presque comme si il s’y attendait. Je pense qu’ils ont fini par décoder quelque chose. Comme on ne nous dit rien. On doit juste se contenter de transmettre les données au fur et à mesure. Allez savoir.

Le téléphone sur le bureau se mit à sonner.

– Monsieur Wermer est arrivé, il monte vous voir.

– Merci Kathleen.

Il raccrocha d’un geste agacé.

– Il est là. Préparez un autre exemplaire de votre rapport et revenez des que vous …

Wermer entra dans la pièce sans frapper. Il alla s’assoir directement à la petite table de réunion. Comme à son habitude il ne salua personne et entra dans le vif du sujet, et ce fut pour le moins surprenant.

– Messieurs nous ne sommes plus seuls dans l’univers, c’est officiel.

 

Samedi 14h 12

La salle de réunion était pleine à craquer, beaucoup se tenaient debout. L’écran télé au fond de la pièce affichait le Logo du département d’état. Ça sentait la réunion officielle. Chacun allait de son commentaire et quasiment tous ignoraient la raison de leur présence ni pourquoi ils avaient été rappelés. La porte du fond s’ouvrit et Wermer entra le premier suivi du responsable du site et de mike. Le silence se fit instantanément.

– Mesdames, Messieurs, je vous remercie d’être venu si rapidement. Cette nuit nous avons eu la confirmation d’un évènement que nous supposions devoir arriver : la formation prochaine d’une anomalie gravitationnelle appelée communément trou noir. La théorie et une série de calculs avaient prédit cet évènement. Nos deux principaux télescopes ont recueilli des données cette nuit qui le confirme. Pour faire bref nous sommes dans la capacité de prévoir lorsque cela arrivera, ou et quand. Depuis des années nous recevons des ondes radio depuis cette zone de l’espace. Nos plus éminents linguistes, scientifiques et cryptographes ont réussi à comprendre une partie des transmissions reçues. Ce que nous supposions était exact, il s’agit de tentatives de communication d’intelligence extraterrestre. Le plus incroyable dans ce que nous avons déjà pu déchiffrer, c’est qu’on nous demande de l’aide.

Un murmure parcouru l’assemblée dans un mélange d’incrédulité et de stupéfaction. Il ne manquait plus que la confirmation de l’existence de Dieu et c’était complet.

– Je vous en prie,… Mesdames, Messieurs… Je sais que c’est assez incroyable. Pourtant c’est la réalité.

– Helene Harrald, chargée de l’exploitation des données. Ce matin Mike nous a montré des données qui laissaient croire à la présence du trou noir, et là vous nous dites que ça va seulement se produire.

Mike reprit la parole.

– En effet, ces données ne représentaient qu’une vision de ce qui va arriver. Il s’agit d’un soleil dont la puissance énergétique est tellement troublée qu’il nous envoie à travers la lumière des images d’un futur proche avant celles de son présent. Nous avons eu un mélange d’informations qui nous a fait croire que c’était déjà arrivé. Certaines données sont décalées dans le temps. Celles que nous recevons en ce moment montrent ce soleil en pleine dégénérescence. Il va évoluer rapidement vers un trou noir. Actuellement il est encore actif et possède six planètes en orbite. Nous ne nous expliquons pas encore pourquoi cette zone de l’espace nous est restée masquée aussi longtemps ni pourquoi nous recevons des données dans le désordre. Mais je…

Wermer coupa Mike

– Nous avons beaucoup de travail pour comprendre ce qui se passe, vous en saurez plus dès que possible. Vos niveaux d’accréditation vont être revus et vous allez signer de nouvelles clauses de confidentialité. Quoiqu’il en soit, vous avez compris que tout ce qui vient d’être dit ici doit rester ici. Je vous demande de passer dans la pièce à côté. Madame Holridge va vous donner vos nouveaux contrats.

Une voix s’éleva de la salle

– Pourquoi nous adresse-t-on un SOS, pourquoi nous ?

– A cause de la formation du trou noir, leur monde va disparaitre. Apparemment ils nous ont déjà rendu visite il y a bien longtemps, ils connaissent notre existence. Nous sommes juste les plus proches. C’est un pari pour eux, ils pensent que nous sommes assez évolués pour leur porter secours. Aujourd’hui je crois que c’est nous qui allons leur rendre visite.

– vous voulez dire qu’on envisage une expédition vers un trou noir ?

– c’est ça !

Samedi 16h50, vidéo conférence avec le secrétaire d’état.

La salle se remplissait lentement et tous avaient hâte d’en savoir plus. Le secrétaire d’état devait prendre la parole à 17h. Cette communication officielle était bien surprenante. Seuls ceux qui avaient signé leur nouveau contrat pouvaient être présents.

– Bob a refusé de signer

– T’es sur ?

– Oui, il dit que c’est anticonstitutionnel et qu’on bafoue ses droits.

– Et alors ?

– Il est au poste de sécurité, on lui a dit qu’il devrait assumer son choix.

– Qu’est-ce que ça veut dire ?

– J’en sais rien.

Wermer se tenait à côté de l’écran plat sur lequel s’affichait pour le moment le logo du secrétariat d’état. Il se tordait légèrement les mains. C’était bien la première fois qu’on le sentait nerveux.

A 17h pile, le secrétaire d’état apparut à l’image.

– Bonjour à tous. Mesdames, Messieurs vous avez été informé par M Wermer de nos plus récentes découvertes concernant les ondes radio que vous recevez depuis des années. Vous avez vous-même aujourd’hui complété une partie du puzzle qui est entre nos mains. Il va falloir à partir d’aujourd’hui aller plus loin. Je vous annonce la mise en place du programme Black Hole. Il va consister en la préparation et l’envoi d’une mission de 5 vaisseaux d’exploration et d’un ravitailleur. Leur but, atteindre la région du trou noir avant la formation de celui-ci. Chaque commandant des vaisseaux aura la responsabilité de porter assistance du mieux qu’il pourra aux races d’Aliens qu’ils rencontreront. Il faudra bien évidement essayer de récupérer un maximum de technologies et de ce qui pourrait être utile à la terre. Notre rôle sera de collecter le plus d’informations possible utiles à la préparation et à la réussite de cette expédition. Si vous avez des questions, je vous répondrai dans la limite de ce que je suis autorisé à dire.

– Eliot Rodriguez, programmation et développement. Monsieur le secrétaire sous quelle autorité sera placé le programme ?

– C’est le Président qui supervisera personnellement l’avancée du programme, mais la réalisation sera confiée à l’Armée et au consortium des minerais.

Un murmure parcourut l’assemblée.

– Super ! un peuple extraterrestre nous appelle à l’aide et on va leur envoyer l’armée et les banquiers!

Wermer se raidit et chercha du regard l’impertinent qui venait de prendre la parole.

– C’est pour le moment la meilleure option. Nous devons faire vite et se sont les structures les plus aptes à prendre en charge cette affaire. Il est bien évident que nous ne pouvons réaliser ce programme seul et que d’autres nations viendront nous rejoindre, ce programme sera désintéressé et pacifique je vous le promets. Il va être établi un conseil qui décidera des priorités et de la répartition des tâches de chacun. Ce programme est le plus ambitieux jamais conçu. Il ne réussira que si l’ensemble de l’humanité y contribue et collabore. Dans cet esprit, nous allons commencer par construire le transporteur qui sera baptisé « le Concordia ».

Les questions venaient les unes après les autres et le secrétaire d’état y répondait bien laconiquement. Le plus souvent parce que rien n’était encore défini. Ce petit exercice visait plus à nous rassurer sur la situation et nos nouvelles conditions de travail. La réunion se finissait tranquillement, le secrétaire allait conclure lorsqu’une détonation retentit au loin. Cela semblait venir des parkings, prêt du poste de garde. Les plus proches des fenêtres essayaient d’apercevoir quelque chose. Mais le ciel couvert et le jour qui commençait à tomber ne permettaient pas de voir grand-chose.

Kathleen entra brusquement dans la pièce, elle était tremblante et dit simplement

– Il y a eu un incident au poste de garde. C’est Bob !

 

3 semaines plus tard

Toutes les grandes oreilles de la planète étaient pointées vers la zone du Black Hole. On l’appelait déjà comme ça malgré que rien ne soit encore arrivé. Tous les télescopes sur terre captaient ce qui se passait dans ce coin-là. Et les nouvelles étaient plutôt bonnes. Sur la table de réunion Mike étalait des cartes, des trajectoires et des relevés en tout genre. C’en était presque trop.

– Voilà on sait tout sur ces foutues planètes. Du moins d’un point de vue physique. On a trois points d’entrée qui seront aussi des points de sortie. Le cycle de rotation est connu et jusque-là toutes les prédictions collent avec les observations. Ça avance plutôt bien. Eliot devrait valider ça pour qu’on passe à l’étape suivante.

Le responsable de centre prit une grande respiration et alla à la fenêtre. Son regard dans le lointain n’augurait rien de bon. Mike le connaissait suffisamment pour comprendre que quelque chose n’allait pas.

– Ok vas-y accouche, c’est quoi le problème ?

– Eliot n’est plus en fonction, son remplaçant arrive demain.

– Tu plaisantes ?

– Eliot a eu une crise cardiaque.

Mike se raidit, fit le tour de la table et alla fermer la porte.

– Tu te fous de ma gueule ! Eliot a 35 ans et il coure le marathon.

– Ne complique pas tout Mike !

– Que je ne complique pas tout ! c’est quoi ce bordel ? Comment il a pu avoir une crise cardiaque, c’est le mec avec la meilleure hygiène de vie que je connaisse. Qu’es ce qu’il se passe nom de dieu ? On a des clauses de confidentialité telles que j’ose même pas dire à ma femme que je vais pisser au boulot.

– On me demande de faire des choses qui ne sont pas en accord avec la philosophie du programme. Je passe mon temps à tout arranger, tout justifier au nom de l’état.

– Explique-toi.

– Tu vois tout ce qu’il y a sur la table. Ça restera ici, on partage rien, on partage plus. Tout devient un enjeu. Il y a trop de trucs à prendre la haut. en même pas trois semaines c’est devenu la course. On veut être les premiers pour se servir, on est déjà dans la concurrence. Et crois moi que si il faut casser des œufs pour faire l’omelette on en cassera.

Mike alla s’assoir à la table de réunion et se prit la tête entre les mains. Il fit tomber au passage une pile de relevés.

– Alors c’est déjà la merde. On bosse comme des dingues pour le profit. Rien à foutre des petits hommes vert et de la science.

Le responsable du centre quitta la fenêtre pour s’assoir à son bureau. Il regarda Mike sans compassion, déçu par sa naïveté, et lui lâcha :

– Qu’es ce que tu croyais ? …

 

Institut VECTOR, Novossibirsk, Sibérie

1 an plus tard

Tatiana pressait le pas pour se rendre au bureau du directeur. Elle était passablement nerveuse. Que lui voulait cet apparatchik de Gregory ? Elle avait demandé sa mutation de l’institut vers le programme Black hole, mais cet incapable n’était surement pas décidé à lâcher sa meilleure virologiste. Elle en avait assez de contrôler le stockage des souches de variole. Même si l’institut VECTOR représentait aujourd’hui le deuxième centre au monde après Atlanta en matière de contrôle des maladies infectieuses, elle rêvait de changement. Elle s’arrêta devant la porte du bureau, prit une grande inspiration et frappa.

– Entre Camarade.

Ça commençait bien, il s’avait qu’elle avait horreur qu’il l’appelle ainsi. Il faisait cela quand il voulait la rabaisser en lui rappelant l’ère soviétique et l’époque ou son grand-père avait été déporté ici en Sibérie.

– Bonjour Camarade, lui répondit elle avec le sourire.

Elle lui rendait la pareille. Son grand père à lui n’avait été qu’un petit fonctionnaire dans une obscure administration du soviet. Il fronça les sourcils.

– J’ai reçu ta réponse pour ta demande de transfert. Elle est acceptée.

Tatiana eu du mal à contenir son étonnement et sa joie. Ça lui paraissait trop beau pour être vrai. Gregory était tout à fait capable de lui faire une fausse annonce pour jubiler d’une plus grande déception. Il se lança dans un grand laïus ou il se glorifiait d’être intervenu personnellement pour qu’elle obtienne satisfaction. Visiblement il espérait d’elle une reconnaissance éternelle. Puis elle comprit pourquoi on l’autorisait à partir.

– Tatiana, ce que je vais te dire est strictement confidentiel. Il a été découvert 3 civilisations sur les planètes qui gravitent autour du soleil mourant. Chaque peuple est très différent des autres. C’est à cause de leur planète et des conditions d’existence qui y règnent. Il faudra une inspection sanitaire poussée avant de les autoriser à migrer sur terre. Et surtout évaluer le risque de contamination viral et bactérien avant de revenir. Tu vas surement trouver de nouvelles petites bébêtes avec lesquelles faire connaissance. Je te connais tu vas te régaler. Mais dans cette micro faune, trouve moi les plus agressives et les plus dangereuses et garde les pour nous.

– Mais Gregory tu es fou, il est hors de question que je parte ce n’était pas dans ma demande. Il est encore moins question que je dissimule des contaminants et que je les ramène sur terre. Tu veux tous nous tuer. Jamais je ne ferai ça. Je refuse.

Il s’emporta :

– Tu refuses ? tu oublies à qui tu dois tes études, ta carrière, ta vie. Réfléchis à ce que tout cela deviendra si tu refuses… Nous tuer tous ! non, pas tous, mais imagine la puissance que nous aurions en étant les seuls à détenir ce type de matériel. La Russie retrouverait toute sa gloire passée.

Il lui tendit une grande enveloppe scellée. Tatiana la prit sans réfléchir, elle était tétanisée. Il venait de faire resurgir le spectre de la guerre bactériologique. Novossibirsk avait abrité un centre de recherche pour ce type de guerre. Le laboratoire militaire avait été fermé en 1994 et toutes les souches virales transférées à l’institut. Apparemment on était prêt à le réactiver.

– Tout est dans l’enveloppe. Suit les instructions à la lettre et tout ira bien. Tu pars demain pour Moscou ou tu rejoindras le programme de préparation.

– Et ma fille ? son école, je ne peux pas partir comme ça !

– Ne t’inquiète pas, camarade, on s’occupera d’elle. A ton retour des étoiles, tu retrouveras une belle et grande jeune fille.

Il la fixa droit dans les yeux :

– Si tu es sage et bien obéissante.

PEKIN, congrès du comité Black Hole, 2e jour

Lancement du Concordia : J -8 mois

La salle était bruyante, les congressistes avaient du mal à s’installer. Le protocole avait établi un ordre de placement des délégations qui ne facilitait pas sa mise en place. Il avait fallu composer avec les affinités et les intérêts des participants. Seules les nations « concernées » avaient le droit de siéger. On avait estimé que ceux qui étaient « concernés » était ceux qui avait mis la main au porte-monnaie pour financer le programme. Le Président de séance fini par s’impatienter et ouvrit les débats bien que tout le monde ne fut pas encore assis.

– Je vous en prie,… Mesdames et Messieurs,… pressons. Nous avons établi hier la liste des membres du comité directeur. Ce comité sera donc Présidé par l’actuelle directrice du fond monétaire internationale. Il nous reste à désigner les membres du sous-comité technique et organisationnel.

Il était évident pour tout le monde que c’était là le véritable enjeu de ce congrès. Qui allait diriger l’expédition et quel secteur d’activité. La Présidence du comité était plus honorifique qu’autre chose. Il s’agissait d’afficher une façade d’entente cordiale et d’assurer le financement du programme. Maintenant on se partageait le gâteau.

– Chaque délégation nous a soumis une liste de candidats dans les différents secteurs du programme. Je vais laisser la parole aux représentants des délégations et ensuite nous passerons au vote.

Tout était joué d’avance. Des mois voire des années de négociations entre les différentes nations avaient déjà organisé les votes. Ici on officialisait ce qui avait été convenu. L’expédition comporterait 5 vaisseaux qui seraient commandés chacun par un représentant des cinq nations principales du comité. Leurs objectifs ont été laissé secrets en fonction des nations qui les commanderont. Seul le commandement du Concordia avait posé problème. Chacun voulait s’assurer que ce qu’il y rapatrierait serait en sécurité et resterait confidentiel. On allait donc organiser un commandement partagé durant la mission. Les votes venaient de se terminer.

– Alors Monsieur le Français, le pays des droits de l’homme vient d’hériter du rapatriement des aliens. Bon courage pour caser la population de 3 planètes sur une seule.

Cette question avait plutôt été abordée comme la création d’une immense réserve ou d’un zoo galactique que comme une intégration. Il fallait bien que quelqu’un voit ça autrement.

– Dommage que l’oncle Sam ne se soit pas porté volontaire vous aviez pourtant le plus d’expérience en matière de ségrégation et de création de réserves.

Karl Offner tira rapidement Charles par la manche vers le buffet qui attendait les délégués après la séance.

– Allons Charles, laissez le dire, gardez votre calme. Votre mission n’est pas facile, restez concentré sur votre projet.

– Pas facile en effet amiral, en parlant de ça, vous avez lu mes propositions pour l’aménagement des quartiers aliens du Concordia ? ce qui est envisagé est inacceptable autant mettre des cages se sera plus pratique.

– Et moins onéreux… je plaisante Charles. Je ne suis pas encore nommé, je n’ai pas mon mot à dire. Il y a bien d’autres officiers qui rêvent de ce poste. Je suis peut-être trop vieux pour ce genre d’aventure. Rien ne dit que je vais en faire partie.

– Ce serait une folie de ne pas vous nommer. J’ai vu les autres candidats. dans ce contexte de géopolitique et de lutte d’influence, jamais le Concordia ne reviendra. Ils préfèreront tous faire sauter le vaisseau plutôt que de le voir revenir avec quelque chose qu’ils ne pourraient pas avoir. Vous êtes le seul à pouvoir assurer la stabilité et la sécurité.

– Je vous remercie pour votre confiance et vos encouragements à prendre le commandement du vaisseau de la discorde, trop aimable! Vous souhaitez vous débarrasser de moi ?

Il rit de bon cœur.

– Le Concordia part dans moins de huit mois et il y a encore tant à faire. Gardez un peu d’optimisme.

Malgré la bonne humeur de Karl, Charles se demandait s’il ne valait pas mieux que le Concordia ne parte jamais et qu’on annule tout. Ce projet au lieu de fédérer les peuples, ne faisait qu’attiser les rivalités, et ressortir le côté sombre de l’humanité. Le succès de la mission Black Hole allait vraiment dépendre de la qualité des hommes et des femmes qu’on enverrait là-bas. Ils devront être exceptionnels pour réussir ce que les gouvernements et les politiques ont si mal engagés.

(A suivre …)

 

Un récit de Frédéric Crussard, basé sur le jeu de société Black Hole (en cours d’édition).

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